Petit ruisseau

Témoignages

Votre témoignage
Bernadette Hendy

Un violon pour une sonate. Comment faire si ta main n’a jamais touché ni les cordes ni l’archer ? Balade avec Stéphan (Visite normande). En douceur, tu nous amènes à découvrir les symboles qui habillent nos pierres et à jouer sur les fils qui nous rattachent à l’histoire pour subtilement faire entendre les formidables transformations que nous, humains, chacun vivons. Échos vibrant, lumineux, chatoyants, impitoyables parfois, protecteurs : les mystères peints ou taillés deviennent inspiration, germination. Ils fluidifient l’espace-temps, renouent l’âme du monde. Ils donnent un sens qui éclaire l’expérience de mon chemin de vie. L’intelligence de ces voyages me porte au travers de directions d’un coup si précises ; elles ouvrent, de clocher en clocher, de cathédrales en menhirs, des routes joyeuses invisibles. Je suis pèlerin de ces ressources fécondes. Merci. Bernadette

Patricia Jarnier

Témoignage poétique d’un dimanche hors du temps et dans une autre dimension de Paris! Finalement, ce dimanche, n’ai-je pas fait un grand voyage? Certes, j’ai foulé des pavés familiers. Mais ces quartiers parisiens ont revêtu une autre dimension que j’ignorais jusqu’à présent. Il est évident que le monde de l’information qui nous submerge nous prive à proportion de formes, de la connaissance et de la reconnaissance des formes. Plus on découvre sur les façades cette véritable écriture imaginale et sa subtile initiation, à la fois exposées à ciel ouvert par nos prédécesseurs et devenues inaperçues, plus le monde symbolique apparaît comme un puissant savoir mais un savoir occulté, neutralisé, gommé. Alternaient les grosses gouttes d’eau d’une pluie qui sentait la terre et les dards du soleil échappés de démons nuageux. L’été se battait pour s’affirmer et les promeneurs assistaient dans tout leur corps au duel céleste. Comme au retour d’une belle échappée loin de chez soi, ont ensuite ressurgi des images-souvenirs, cartes postales devenant secrètes icônes spirituelles, la conscience ayant gardé l’empreinte sensible des messages adressées à l’âme. Je revois à Notre-Dame de Lorette, en bas de la rue des Martyrs et de la butte Montmartre, les tons alchimiques du vert, rouge et jaune coulés en sereins aplats à la façon d’un Giotto. Les Nazaréens ont en effet complétement habillé de leurs œuvres les murs de cette église aux lourdes allures de temple romain. Leur peinture a réussi à sacraliser cet aride carrefour où se croisent le monde des affaires et la foule métropolitaine empressée. La richesse symbolique de leurs représentations picturales tricotant l’ancien et le nouveau testaments offre un véritable parcours méditatif. En pénétrer le livre ainsi manifesté sur la pierre requiert cependant d’y revenir souvent pour l’approfondir. J’en ai seulement traversé le rêve et l’aspiration. Bonheur inattendu de renouveler son regard, même tardivement dans sa vie d’esthète et d’érudit. Formidable espérance que d’apprendre que l’on a encore à apprendre plus fortement encore, et pour son intime déploiement. Je lirai donc sur les Nazaréens. Je reviendrai à loisir décrypter les hiéroglyphes de leur ancestrale sagesse que seules des modes amnésiques ont voilé de silence. La cour carrée du Louvre, n’est pas carrée, ai-je appris. Elle est ronde pour les pèlerins volontaires qui y déambulent suivant un cercle imaginaire à l’envers des aiguilles d’une montre, comme dans un cloître d’abbaye, retournant ainsi aux entrailles d’un puits sis à l’ancien donjon de Philippe-Auguste. Le long des parois de la cour carrée, pareilles à des stations de réflexion accompagnant cette circularité intériorisée, s’égrènent de remarquables statues noircies de poussière, jeu de pistes où tout interroge et se répond. Car il s’agit non pas de s’évaporer par un haut artificieux mais de cheminer vers le centre, le cœur, au fond de l’être, où l’or attend d’être réactivé, réunissant les tronçons éparpillés du corps, de l’esprit et de l’âme. Parfois la parole goulue avale une tasse d’air urbain et l’on tousse comme au vent mauvais. Seule Sainte Geneviève nourrit et guérit, et non pas cette surface agitée de nos citadelles babéliennes. Sous le porche de Saint-Germain l’Auxerrois, justement nous attend la réplique sculptée d’une sainte Geneviève avec ces trois pains figurant le corps, l’esprit et l’âme, reste d’une probable mémoire païenne d’Aphrodite sauvage avec ses longs cheveux et ses fortes jambes animales : Pas d’extase sulpicienne ici. Mais une incarnation évangélique bien ancrée sur terre, ciel inversé reflétant les étoiles. L’art au moyen âge était pensée. Et de même qu’un poète qui ne serait pas philosophe ferait profession de rimailleur, un artiste sculpteur ou peintre dont les images n’ouvriraient pas de portes sur l’interprétation spirituelle, l’imagination vraie, la parole symbolique, ne réactiverait pas non plus le sens du pèlerinage, de la quête intérieure qui dort en tout être humain et qui ne demande qu’à s’éveiller. L’art agit comme une main tendue au promeneur qui ne veut plus être passif.

Patricia Jarnier

Ce fameux Montmartre que l’on croyait connaître se révèle profond et troublant au fur et à mesure que le conférencier vous introduit dans un labyrinthe symbolique insoupçonné. Le visiteur n’est plus alors un touriste mais un pèlerin guidé sur un subtil chemin intérieur que de pertinentes explications dévoilent pas à pas. La pierre se fait en effet livre d’images qui resteraient mystérieuses si elles ne nous étaient pas interprétées d’une manière qui éveille personnellement et interroge spirituellement. Bref, à la fin du parcours, une ébullition psychique s’est produite et une orientation existentielle pourrait bien s’annoncer. Certes tout reste à faire mais, justement!, le visiteur, reconnaissant envers l’accompagnateur herméneute qui l’a introduit dans ce continent de signification opérative, aura acquis l’irrépressible désir de continuer cette initiation à la connaissance. Montmartre tel que nous le présente notre philosophe du patrimoine est -je confirme-un excellent point d’entrée à une autre dimension, celle dont le contemporain postmoderne a vraiment besoin.

Armelle de Plougastel

Après avoir lu le livre ("Un Chemin initiatique en plein cœur de Montmartre"), j’ai eu la chance de réaliser la visite in situ avec l’auteur. Ces deux expériences sont en effet vraiment complémentaires. Ce parcours réactivé par Stéphan offre une belle synthèse de la Philosophia Perennis (philosophie éternelle). Et même si parfois on se perd un peu dans cette forêt de symboles, le guide, véritable serviteur, nous remet sur le chemin de la compréhension. Merci d’avoir bien voulu partager ce cheminement.

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